Thank You Doña Dulcinea!
Carmen Lobo runs the metro
Thank You Doña Dulcinea!

We, unaccustomed to courage
exiles from delight
live coiled in shells of loneliness
until love leaves its high holy temple
and comes into our sight
to liberate us into life.
Love arrives
and in its train come ecstasies
old memories of pleasure
ancient histories of pain.
Yet if we are bold,
love strikes away the chains of fear
from our souls.
We are weaned from our timidity
In the flush of love’s light
we dare be brave
And suddenly we see
that love costs all we are
and will ever be.
Yet it is only love
which sets us free.
Maya Angelou: Touched by an Angel
Photo: © Carmen Lobo – Pont des Arts – Paris
Why, who makes much of a miracle?
As to me I know of nothing else but miracles,
Whether I walk the streets of Manhattan,
Or dart my sight over the roofs of houses toward the sky,
Or wade with naked feet along the beach just in the edge
of the water,
Or stand under trees in the woods,
Or talk by day with anyone I love, or sleep in the bed
at night with anyone I love,
Or sit at the table at dinner with the rest,
Or look at strangers opposite me riding in the car,
Or watch honeybees busy around the hive
of a summer forenoon,
Or animals feeding in the fields,
Or birds, or the wonderfulness of insects in the air,
Or the wonderfulness of the sundown, or of stars shining
so quiet and bright,
Or the exquisite delicate thin curve of the new moon
in spring;
These with the rest, one and all, are to me miracles,
The whole referring, yet each distinct and in its place.
To me every hour of the light and dark is a miracle,
Every cubic inch of space is a miracle,
Every square yard of the surface of the earth is spread
with the same,
Every foot of the interior swarms with the same.
To me the sea is a continual miracle,
The fishes that swim-the rocks-the motion of the waves
-the ships with men in them,
What stranger miracles are there?
Miracles - Walt Whitman
Photo: © Carmen Lobo – Jardins des Tuileries –
“Ce que l’intelligence nous rend sous le nom de passé n’est pas lui. En réalité, comme il arrive pour les âmes des trépassés dans certaines légendes populaires, chaque heure de notre vie, aussitôt morte, s’incarne et se cache en quelque objet matériel. Elle y reste captive, à jamais captive, à moins que nous ne rencontrions l’objet. À travers lui nous la reconnaissons, nous l’appelons, et elle est délivrée. L’objet où elle se cache, ou la sensation, puisque tout objet par rapport à nous est sensation, nous pouvons très bien ne le rencontrer jamais.”
Marcel Proust: Contre Sainte- Beuve
Photo: © Carmen Lobo - Centre Pompidou -
Là où se pressent des maisons courbées
Là où monte le chemin du cimetière
Là où coule un fleuve élargi
Là j’ai rêvé ma vie.
La nuit, il vole un ange dans le ciel
Un éclair blanc sur les toits
Il me prédit une longue, longue route
Il lancera mon nom au-dessus des maisons.
Mon peuple, c’est pour toi que j’ai chanté
Qui sait si ce chant te plaît
Une voix sort de mes poumons
Toute chagrin et fatigue
C’est d’après toi que je peins
Fleurs, forêts, gens et maisons
Comme un barbare je colore ta face
Nuit et jour je te bénis.
MARC CHAGALL – Là où se pressent
Photo: © Carmen Lobo – Paris 8éme – Rue Royale, Vitrines du Magasin Bernardaud et sa collection Marc Chagall
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Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.
Sensation: Arthur Rimbaud – Poésies
Photo: © Carmen Lobo – Paris Plage 2011
Je n’ai pas dit le principal sur sa personne, son âme, ses pieds,
ses mains, son rire.
Le principal pour moi, c’est de laisser son regard quand il est seul.
Quand il est dans le désordre de la pensée.
Il est trés beau. C’est difficile à savoir.
Si je commence à parler de lui, je ne m’arrête plus.
Ma vie est comme incertaine, plus incertaine, oui, que la sienne a lui devant moi.
Marguerite DURAS – “C’est tout”
Photo: © Carmen Lobo – Palais Royal
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La rupture de la tradition, qui est pour nous aujourd’hui un fait accompli,
inaugue de fait une époque où entre vieux et neuf il n’y a plus aucun lien possible,
sinon l’infinie accumulation du vieux en une sorte d’archive monstrueuse ou
l’extranéation opérée par le même moyen que celui qui devrait servir à sa
transmission. Comme le château du roman de Kafka, qui pèse sur le village
de toute l’obscurité de ses décrets et de la multiplicité de ses bureaux,
de même la culture accumulée a perdu sa signification vivante et pèse sur
l’homme comme une menace en quoi il ne peut absolument pas se reconnaître.
Suspendu dans le vide entre vieux et neuf, passé et future, l’homme est jeté
dans le temps comme dans quelque chose d’étranger qui sans cesse lui
échappe et toutefois l’entraîne en avant sans qu’il puisse jamais trouver
en lui son point de consistance.
Giorgio Agamben, L’homme sans contenu, Circé, traduit de l’Italien par Carole Walter, 1996, p. 142.
Photo: © Carmen Lobo - Musée des Arts Décoratifs : Hussein Chalayan à la frontière entre mode, architecture et design. Du 5 juillet au 13 novembre 2011. Paris
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« Horizontal » : Un mobile géant de Calder sur le parvis du Centre Pompidou
Entrée dans les collections nationales en dation en 1983, cette scultpture monumentale de six tonnes baptisée “Horizontal” est l’un des derniers grands “stabiles-mobiles” réalisé en France par l’artiste, a précisé le musée dans un communiqué.
Elle était restée dans l’atelier de l’artiste américain en Touraine jusqu’à sa mort en novembre 1976 et avait été présentée pour la première fois en 1983 au Centre Georges Pompidou dans le cadre de l’exposition “oeuvres monumentales de la collection du Musée national d’art moderne”. Elle avait ensuite été installée sur le parvis de la Défense à Paris en 1992 dans le cadre de l’exposition “Les monuments de Calder”.

“-Je comprends que la cendre n’est rien qui soit au monde, rien qui reste comme un étant. Elle est l’être, plutôt, qu’il y a -c’est un nom de l’être qu’il y a là mais qui, se donnant (es gibt ashes), n’est rien, reste au-delà de tout ce qui est (konis epekeina tes ousias), reste imprononçable pour rendre possible le dire alors qu’il n’est rien.”
Jacques Derrida: “Feu la cendre”
Photo: © Carmen Lobo – Gare de Lyon – Paris
“La séparation de l’espace et du temps est une convention purement technique ou scientifique et lorsqu’on dit que Moscou est situé à trois heures et demie de vol de Paris, on rend compte d’une réalité plus riche qu’en faisant allusion aux 2500 kilomètres qui les séparent. Réalité plus riche parce qu’elle englobe d’un coup toute un civilisation vécue, comme en 1880 on pouvait dire que Lyon était à cinq jours de Paris.”
André Leroi-Gourhan: “Le geste et la parole”
Photo: © Carmen Lobo – Gare de Lyon – Paris

“Deux heures du matin. Les rats rongent dans les poubelles les restes du jour mort: la ville appartient aux fantômes, aux assassins, aux somnambules. Où es-tu? Dans quel lit? Dans quel rêve? Si je te rencontrais, tu passerais sans me voir car nous ne sommes pas vus par nos songes. Je n’ai pas faim: je ne parviens pas ce soir à digérer ma vie. Je suis fatiguée. J’ai marché toute la nuit pour semer ton souvenir. Je n’ai pas sommeil: je n’ai même pas appétit de la mort. Assise sur un banc, abrutie malgré moi par l’approche du matin, je cesse de me rappeler que j’essaye de t’oublier. Je ferme les yeux…”
Marguerite Yourcenar: Feux
Photo: © Carmen Lobo – Place Vendôme – Paris