Lumière et Langage

•9 février 2010 • Laisser un commentaire

« Le monde est fait de surfaces superposées, archives ou strates.  Aussi le monde est-il savoir.  Mais les strates sont traversées d’une fissure centrale, qui répartit d’un côté les tableaux visuels, de l’autre côté les courbes sonores : l’énonçable et le visible sur chaque strate, les deux formes irréductibles du savoir, Lumière et Langage, deux vastes milieux d’extériorité où se déposent respectivement les visibilités et les énoncés. »

Gilles Deleuze: Foucault. Paris ( Minuit 1986)
Photo: Le pont de Bir Hakeim (autrefois viaduc de Passy)
© Carmen Lobo

Musée du Louvre

•4 février 2010 • Laisser un commentaire

« J’ai voulu les laisser dans cette maison pour que les hommes essaient d’y trouver une certaine paix, une certaine religiosité, un sens à la vie (…) Peut-être dans cette maison viendront les jeunes et les moins jeunes chercher un idéal de fraternité et d’amour tel que mes couleurs et mes lignes l’ont rêvé (…) Je voudrais aussi qu’en ce lieu on expose des oeuvres d’art et des documents de haute spiritualité de tous les peuples, qu’on entende leur musique et leur poésie guidée par le cœur »

Marc Chagall
(Parlant de ses tableaux, Musée Marc Chagall)

Photo: Musée du Louvre
©Carmen Lobo


La grande marée

•29 janvier 2010 • Laisser un commentaire

« Desormais, les identités ne se définiront plus par des origines, mais par des trajectoires »

Michel Foucault

Photo: Au Mont-Saint-Michel ont lieu les plus grandes marées de l’Europe continentale, jusqu’à 15 mètres de différence entre basse et haute mer. Lors des grandes marées, la mer se retire à 15 kilomètres des côtes et remonte très rapidement. Les marées les plus fortes ont lieu 36 à 48 heures après les pleines et nouvelles lunes.

©Carmen Lobo

Un Art

•27 janvier 2010 • Laisser un commentaire

Dans l’art de perdre il n’est pas dur de passer maître ;

tant de choses semblent si pleines d’envie

d’être perdues que leur perte n’est pas un désastre.

Perds chaque jour quelque chose. L’affolement de perdre

tes clés, accepte-le, et l’heure gâchée qui suit.

Dans l’art de perdre il n’est pas dur de passer maître.

Puis entraîne toi, va plus vite, il faut étendre

tes pertes : aux endroits, aux noms, au lieu où tu fis

le projet d’aller. Rien là qui soit un désastre.

J’ai perdu la montre de ma mère. La dernière

ou l’avant-dernière de trois maisons aimées : partie !

Dans l’art de perdre il n’est pas dur de passer maître.

J’ai perdu deux villes, de jolies villes. Et, plus vastes,

des royaumes que j’avais, deux rivières, tout un pays.

Ils me manquent, mais il n’y eut pas là de désastre.

Même en te perdant (la voix qui plaisante, un geste

que j’aime) je n’aurai pas menti. A l’évidence, oui,

dans l’art de perdre il n’est pas trop dur d’être maître

même si il y a là comme (écris-le !) comme un désastre.

 » Un Art »

Elizabeth Bishop

Photo:  Genève – Suisse
©Carmen Lobo

Un objectif

•22 janvier 2010 • Laisser un commentaire

« Pour arriver à créer quelque chose dans la vie, il faut un but, ensuite on progresse à coups d’essais et d’erreurs. »
Haruki Murakami:  Danse, danse, danse

Photo: La Villette Cité des Sciences – Paris
©Carmen Lobo

« La courbe de tes yeux »

•15 janvier 2010 • Laisser un commentaire

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d’une couvée d’aurores
Qui gît toujours sur la paille de astres,
Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

Paul Eluard,   »La courbe de tes yeux »

Photo: Etretat- Haute Normandie  » Côte d’Albâtre »
©Carmen Lobo

La modernité

•16 décembre 2009 • Laisser un commentaire

La modernité

« Ainsi il va, il court, il cherche. Que cherche-t-il? À coup sûr, cet homme, tel que je l’ai dépeint, ce solitaire doué d’une imagination active, toujours voyageant à travers le grand désert d’hommes, a un but plus élevé que celui d’un pur flâneur, un but plus général, autre que le plaisir fugitif de la circonstance. Il cherche ce quelque chose qu’on nous permettra d’appeler la modernité: car il ne se présente pas de meilleur mot pour exprimer l’idée en question. Il s’agit, pour lui, de dégager de la mode ce qu’elle peut contenir de poétique dans l’historique, de tirer l’éternel du transitoire. »
Charles Baudelaire.
Écrits sur l’art- Paris
Photo: La Géode ( Cité des Sciences et de l’Industrie Paris)
©Carmen Lobo

Les yeux ouverts

•12 décembre 2009 • Laisser un commentaire

« Il ne sera jamais trop tard pour tenter de bien faire, tant qu’il y aura sur terre un arbre, une bête ou un homme. »
Marguerite Yourcenar
Les yeux ouverts 
Photo: L’Ourcq à Paris
©Carmen Lobo

Nous sommes tous incomplets…

•1 décembre 2009 • Laisser un commentaire

« Nous sommes tous incomplets, dit le Sage. Nous sommes tous partagés, fragments, ombres, fantômes sans consistance. Nous avons tous cru pleurer et cru jouir depuis des séquelles de siècles. »

Marguerite Yourcenar
Nouvelles Orientales -Paris
Photo: Château de Versailles
Carmen Lobo

Paris

•21 novembre 2009 • Laisser un commentaire

Nantes : peut-être avec Paris la seule ville de France où j’ai l’impression que peut m’arriver quelque chose qui en vaut la peine, où certains regards brûlent pour eux-mêmes de trop de feux […], où pour moi la cadence de la vie n’est pas la même qu’ailleurs, où un esprit d’aventure au-delà de toutes les aventures habite encore certains êtres, Nantes, d’où peuvent encore me venir des amis […].

Nadja (1928), André Breton

Photo: Les Champs de Mars
© Carmen Lobo