Paris

21 novembre 2009

Nantes : peut-être avec Paris la seule ville de France où j’ai l’impression que peut m’arriver quelque chose qui en vaut la peine, où certains regards brûlent pour eux-mêmes de trop de feux […], où pour moi la cadence de la vie n’est pas la même qu’ailleurs, où un esprit d’aventure au-delà de toutes les aventures habite encore certains êtres, Nantes, d’où peuvent encore me venir des amis […].

Nadja (1928), André Breton

Photo: Les Champs de Mars
© Carmen Lobo

Toujours sa réalité

20 novembre 2009

“Ça n’a rien à voir avec un rêve. Je rêve souvent, mais les rêves, leur réalité je veux dire, s’effacent avec le temps. Mais ça, c’est différent. Le temps a beau passer, l’impression reste vivante. Ça garde toujours, toujours, toujours sa réalité. Ça revient flotter devant mes yeux.”

Haruki Murakami: Danse, danse, danse

Photo: Mont Saint Michel – Normandie
© Carmen Lobo

Et je te cherche…

19 novembre 2009

J’ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche,

Sans manger je vais par les rues, et je me tais,

Sans le soutien du pain, et dès l’aube hors de moi,

Je cherche dans le jour le bruit d’eau de tes pas.

Je suis affamé de ton rire de cascade,

Et de tes mains couleur de grenier furieux,

Oui, j’ai faim de la pâle pierre de tes ongles,

Je veux manger ta peau comme une amande intacte, ()

 

J’ai faim, je vais, je viens, flairant le crépuscule,

Et je te cherche, et je cherche ton coeur brûlant,

Comme un puma dans le désert de Quitratué.

Pablo Neruda

“Soneto XI”

 

 

 

Photo: Rennes – Bretagne
© Carmen Lobo

L’homme et la mer

18 novembre 2009

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir, tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

L’homme et la mer
Charles Baudelaire


Photo: St Malo- France
© Carmen Lobo

La Lune- Jaime Sabines

3 octobre 2009

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La lune peut se prendre à cuillerées

Ou comme un comprimé à toutes les deux heures

Efficace comme hypnotique ou sédatif

Elle soulage également

Ceux qui se sont intoxiqués de philosophie


Photo: Une nuit d’octobre à Paris
© Carmen Lobo

david lynch relooke les Galeries

Jusqu’au 3 octobre, le cinéaste américain, également photographe et peintre, David Lynch expose dans les vitrines des Galeries Lafayette, à Paris, onze installations parfois interactives et sonores dont le but est de donner à rêver sur le thème de la féminité. “Pour moi, ces vitrines sont comme des boîtes à bijoux. Elles présentent des scènes avec des paysages et des personnages qui évoqueront la machine, l’abstraction et la femme afin de laisser toute la place au rêve et à la magie”, a expliqué David Lynch qui a inauguré en personne cette installation éphémère. Dans les étages des Galeries Lafayette, le cinéaste présente aussi ses lithographies et une sélection de courts-métrages.
Le Nouvel Obs

Los Mareados …

13 septembre 2009

Le chat noir

9 septembre 2009

le chat noir

Le Chat noir

Un fantôme est encore comme un lieu
où ton regard se heurte contre un son;
mais contre ce pelage noir
ton regard le plus fort est dissout:

Rainer Maria Rilke

Photo: Châtelet- Les Halles
© Carmen Lobo

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it comme si on avait effacé les chiffres d’un cadran, et le cadran lui-même pâlissait comme la lune au ciel en plein jour. Sans horloge (celle de la maisonnette ne fonctionnait plus), sans montre (il n’en avait jamais possédé), sans calendrier des bergers pendu au mur, le temps passait comme l’éclair ou durait toujours. Le soleil se levait, puis se couchait, à une place à peine autre que la veille, un peu plus tôt chaque soir, un peu plus tard chaque matin. L’aube et le crépuscule étaient les seuls événements qui comptaient. Entre eux, quelque chose coulait, qui n’était pas le temps, mais la vie. Les phases de la lune n’importaient plus, sauf que, quand elle était pleine, le sable la nuit brillait blanc. Il ne se souvenait plus bien des noms et des dessins des constellations, qu’il avait sus par cœur au temps où le pilote de la Téthys mettait le cap sur Aldébaran ou sur les Pléiades, mais peu importait : c’étaient de toute façon d’incompréhensibles feux qui brûlaient au ciel. Des nuages ou des bancs de brume en cachaient presque toujours une partie ; ou bien elles reparaissaient comme des amies perdues. Avant que la maladie, en s’aggravant, lui enlevât peu à peu la force d’aimer passionnément grand-chose, il continuait d’aimer passionnément la nuit. Elle semblait ici illimitée, toute-puissante : la nuit sur la mer prolongeait de tous côtés la nuit sur l’île. Parfois, sorti de la maison, dans le noir, où l’on n’apercevait indistinctement que la masse molle des dunes et, dans l’entrebâillement, le blanc moutonnement de la mer, il enlevait ses vêtements, et se laissait pénétrer par cette noirceur et ce vent presque tiède. Il n’était alors qu’une chose parmi les choses. Il n’aurait su dire pourquoi, ce contact de sa peau avec l’obscurité l’émouvait comme autrefois l’amour. À d’autres moments, le vide nocturne était terrible. »
Marguerite Yourcenar, Un homme obscur, Paris, Gallimard, 1982, p.163-164
Photo: Musée d’Arts decoratifs
© Carmen Lobo
 

Alors le temps cessa d’exister. C’était comme si on avait effacé les chiffres d’un cadran, et le cadran lui-même pâlissait comme la lune au ciel en plein jour.  Sans horloge (celle de la maisonnette ne fonctionnait plus), sans montre (il n’en avait jamais possédé), sans calendrier des bergers pendu au mur, le temps passait comme l’éclair ou durait toujours.

Le soleil se levait, puis se couchait, à une place à peine autre que la veille, un peu plus tôt chaque soir, un peu plus tard chaque matin. L’aube et le crépuscule étaient les seuls événements qui comptaient. Entre eux, quelque chose coulait, qui n’était pas le temps, mais la vie.

Marguerite Yourcenar

Un homme obscur

 

 

 

Mon lieu favori

31 août 2009

Paris

“J’avais peur. Le seul lieu avec lequel je sentais encore un lien, si ténu soit-il, c’était ici.  Je sentais que je faisais partie d’ici. Je ne savais pas où était cet “ici”. Mais fondamentalement, voilà ce que je ressentais: je faisais partie d’ici.”

Haruki Murakami: Danse, danse, danse

Photo: Place Furtenberg- Paris 6éme
© Carmen Lobo