by Carmen Lobo

Archives de mai, 2010

Signes


« Combien il est difficile, dans chaque domaine, de renoncer à cette croyance à une réalité extérieure. Les signes sensibles nous tendent un piège, et nous invitent à chercher leur sens dans l’objet qui les porte ou les émet; si bien que la possibilité d’échec, le renoncement à interpréter, est comme le ver dans le fruit. Et même nous avons vaincu les illusions objectivistes dans la plupart des domaines, elles subsistent encore en Art, où nous continuons à croire qu’il faudrait savoir écouter, regarder, décrire, s’adresser à l’objet, le décomposer et le triturer pour en extraire une vérité. »

Gilles Deleuze – Proust et les signes
Photo:  Saint Sulpice à Paris (2005)
© Carmen Lobo – All right reserved
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Le plus loin n’existe pas


« Par instants, Erdosain envisage la fuite. Partir. Mais, à mesure que les heures passent, comme un feu follet à la surface des marais, la souffrance d’Erdosain fait surgir une question :– Partir. Mais pour aller où ?– Plus loin encore.

Une immense pitié s’empare de sa chair. S’il pouvait convaincre son corps, sa forme physique, qu’il y a nul « plus loin » sur terre ni au ciel… mais c’est inutile.

C’est sa chair qui crie lentement : « Plus loin encore. » Où ? Il ferme les yeux et répète : « Où pourrais-je t’emporter ? Où que tu ailles, le désespoir t’accompagnera. Tu souffriras et diras comme maintenant : plus loin encore ; et il n’y a pas de plus loin sur la terre. Le plus loin n’existe pas. N’a jamais existé.

Où que tu ailles, tu verras la tristesse. »

Les Lance-Flammes (1931) – Roberto Arlt

Photo: Terrasse du Centre Pompidou- mai 2010
© Carmen Lobo- All right reserved

Lettres à un jeune poète


« L’ amour, c’est l’occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l’amour de l’ être aimé.  C’est une haute exigence, une ambition sans limite, qui fait de celui qui aime un élu qu’appelle le large. »
« Lettres à un jeune poète (1929) »
Rainer Maria Rilke

Photo: Un dimanche à Paris …
© Carmen Lobo- All right reserved

Nature Capitale


« Ce que la photographie reproduit à l’infini n’a lieu qu’une fois. »

Roland Barthes

Photo:  23 et 24 mai 2010, Nature Capitale sur les Champs Elysées
© Carmen Lobo- All right reserved



La vision du vide


« Il y a deux sortes d’êtres humains: ceux qui écartent la mort de leur pensée pour mieux et plus librement vivre, et ceux qui, au contraire, se sentent d’autant plus sagement et fortement exister qu’ils la guettent dans chacun des signaux qu’elle leur fait à travers les sensations de leur corps ou les hasards du monde extérieur. Ces deux sortes d’esprits ne s’amalgament pas. Ce que les uns appellent une manie morbide est pour les autres une héroïque discipline. C’est au lecteur à se faire une opinion. »

Marguerite Yourcenar « Mishima ou la Vision du vide » ( Essais et mémoires)

Photo:  Musée national des Arts asiatiques Guimet – Paris
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La solitude lumineuse


« La solitude ne se réduisait pas à un thème d’invocation littéraire, elle était une chose dure comme le mur du prisonnier, contre lequel on peut s’ouvrir la tête sans que personne accoure, même si on crie, même si on pleure. »
La solitude lumineuse
Pablo Neruda

Photo: Palais de Tokyo – Musées d’Art Moderne de la ville de Paris
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Fragments d’un discours amoureux


« Ce que cache mon langage, mon corps le dit, … Mon corps est un enfant entêté, mon langage est un adulte très civilisé… »

Fragments d’un discours amoureux (1977)

Roland Barthes

Natacha Leusseur : Sans titre 2000
Centre Pompidou Paris
« Elles » Exposition du 25 avril 2009 jusqu’au février 2011
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Je vous aime…


J’ai voulu vous dire

que je vous aimais.

Le crier.

C’est tout.

Marguerite Duras:  » C’est tout »
Photo: Musée du Quai Branly (Le musée présente des collections d’objets des civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques.)- Le mur végétal de Patrick Blanc
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