by Carmen Lobo

Le plus loin n’existe pas

« Par instants, Erdosain envisage la fuite. Partir. Mais, à mesure que les heures passent, comme un feu follet à la surface des marais, la souffrance d’Erdosain fait surgir une question :– Partir. Mais pour aller où ?– Plus loin encore.

Une immense pitié s’empare de sa chair. S’il pouvait convaincre son corps, sa forme physique, qu’il y a nul « plus loin » sur terre ni au ciel… mais c’est inutile.

C’est sa chair qui crie lentement : « Plus loin encore. » Où ? Il ferme les yeux et répète : « Où pourrais-je t’emporter ? Où que tu ailles, le désespoir t’accompagnera. Tu souffriras et diras comme maintenant : plus loin encore ; et il n’y a pas de plus loin sur la terre. Le plus loin n’existe pas. N’a jamais existé.

Où que tu ailles, tu verras la tristesse. »

Les Lance-Flammes (1931) – Roberto Arlt

Photo: Terrasse du Centre Pompidou- mai 2010
© Carmen Lobo- All right reserved
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