by Carmen Lobo

Dans les rues de la ville, il y a mon amour

Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n’est plus mon amour : chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l’aima.

Il cherche son pareil dans le voeu des regards.
L’espace qu’il parcourt est ma fidélité.
Il dessine l’espoir, puis, léger, l’éconduit.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.
A son insu, ma liberté est son trésor !
Dans le grand méridien où s’inscrit son essor,
Ma solitude se creuse.

Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n’est plus mon amour : chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l’aima
Et l’éclaire de loin pour qu’il ne tombe pas !

René Char: Allégeance
Allégeance est le titre de l’ultime poème de « La Fontaine narrative » qui constitue la dernière partie du « Recueil Fureur et mystère » de René Char.(1947)
Photo: Paris « La defense »
© Carmen Lobo- All right reserved
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s