by Carmen Lobo

Toi aussi tu es loin



En pensant, en prenant des ombres au filet dans la solitude profonde.
Toi aussi tu es loin, bien plus loin que personne.
Penseur, lâcheur d’oiseaux, images dissipées
et lampes enterrées.
Clocher de brumes, comme tu es loin, tout là-haut!
Étouffant le gémir,
taciturne meunier de la farine obscure de l’espoir,
la nuit s’en vient à toi, rampant, loin de la ville.

Ta présence a changé et m’est chose étrangère.
Je pense, longuement je parcours cette vie avant toi.
Ma vie avant personne, ma vie, mon âpre vie.
Le cri face à la mer, le cri au coeur des pierres,
en courant libre et fou, dans la buée de la mer.
Cri et triste furie, solitude marine.
Emballé, violent, élancé vers le ciel.

(…) Poème 17 , Pablo Neruda   » Vingt poèmes d’amour et une Chanson désespérée »

Photo: Le parc des Buttes-Chaumont est un jardin public situé au nord-est de Paris, dans le 19e arrondissement. D’une superficiede 24,73 hectares, il est le troisième plus grand des 426 jardins que compte Paris. Le temple de la Sibylle . 9 décembre 2010

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4 Réponses

  1. Thinking, Tangling Shadows

    Thinking, tangling shadows in the deep solitude.
    You are far away too, oh farther than anyone.
    Thinking, freeing birds, dissolving images,
    burying lamps.

    Belfry of fogs, how far away, up there!
    Stifling laments, milling shadowy hopes,
    taciturn miller,
    night falls on your face downward, far from the city.

    Your presence is foreign, as strange to me as a thing.
    I think, I explore great tracts of my life before you.
    My life before anyone, my harsh life.
    The shout facing the sea, among the rocks,
    running free, mad, in the sea-spray.
    The sad rage, the shout, the solitude of the sea.
    Headlong, violent, stretched towards the sky.

    You, woman, what were you there, what ray, what vane
    of that immense fan? You were as far as you are now.
    Fire in the forest! Burn in blue crosses.
    Burn, burn, flame up, sparkle in trees of light.

    It collapses, crackling. Fire. Fire.
    And my soul dances, seared with curls of fire.
    Who calls? What silence peopled with echoes?
    Hour of nostalgia, hour of happiness, hour of solitude,
    hour that is mine from among them all!

    Hunting horn through which the wind passes singing.
    Such a passion of weeping tied to my body.
    Shaking of all the roots,
    attack of all the waves!
    My soul wandered, happy, sad, unending.

    Thinking, burying lamps in the deep solitude.
    Who are you, who are you?
    Poème 17 , Pablo Neruda

    14 décembre 2010 à 0 h 16 min

  2. carlo

    toujours aussi poétique… grazie… pour ce très beau texte et pour la photo de Paris sous la neige…

    14 décembre 2010 à 9 h 05 min

  3. j’ai pris quelques photos après la neige, mais seulement dans certains endroits que je trouvais au passage… trop froid pour une femme qui hiberne ^-^
    Grazie Carlo!

    14 décembre 2010 à 23 h 45 min

  4. Corrina

    Beautiful, beautiful image, of all the illuminated things buried deep in solitude…. wonderful winter image and thoughts…

    15 décembre 2010 à 0 h 17 min

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