by Carmen Lobo

Archives de janvier, 2011

L’espace




« L’oeuvre – immense – de Bachelard, les descriptions des phénoménologues nous ont appris que nous ne vivons pas dans un espace homogène et vide, mais, au contraire, dans un espace qui est tout chargé de qualités, un espace, qui est peut-être aussi hanté de fantasme; l’espace de notre perception première, celui de nos rêveries, celui de nos passions détiennent en eux-mêmes des qualités qui sont comme intrinsèques; c’est un espace léger, éthéré, transparent, ou bien c’est un espace obscur, rocailleux, encombré : c’est un espace d’en haut, c’est un espace des cimes, ou c’est au contraire un espace d’en bas, un espace de la boue, c’est un espace qui peut être courant comme l’eau vive, c’est un espace qui peut être fixé, figé comme la pierre ou comme le cristal.

Cependant, ces analyses, bien que fondamentales pour la réflexion contemporaine, concernent surtout l’espace du dedans. C’est de l’espace du dehors que je voudrais parler maintenant.

L’espace dans lequel nous vivons, par lequel nous sommes attirés hors de nous-mêmes dans lequel, se déroule précisément l’érosion de notre vie, c’est notre temps et  notre histoire, cet espace qui nous ronge et nous ravine est en lui-même aussi un espace hétérogène. Autrement dit, nous ne vivons pas dans une sorte de vide, à l’intérieur duquel on pourrait situer des individus et des choses. Nous ne vivons pas à l’intérieur d’un vide qui se colorerait de différents chatoiements, nous vivons à l’intérieur d’un ensemble de relations qui définissent des emplacements irréductibles les uns aux autres et absolument non superposables. »

Michel Foucault,  Dits et écrits (1984), « Des espaces autres » (conférence au Cercle d’études architecturales, 14 mars 1967), in Architecture, Mouvement, Continuité, n°5, octobre 1984 ( pp. 46-49)

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Awakening




I sail to you in the ocean of my dreams
To a far away distant place
Of great beauty and tranquility
Where pain and suffering do not exist,
Where we give praise for our joy and happiness,
Where our love intertwines with a love for all things

O beloved keeper of my heart
The companion of my soul
You have reached out and touched the essence of my being
And shown me the way to a higher plane

Your love has awakened me from my years of slumber
A beckoning call to the spiritual world
Where my body is mist in the mountains
This is where my heart belongs
This is where my soul lives..

Awakening : Amjid Yaseen

Photo: IMA Institut du monde arabe – Paris
2011 @Carmen Lobo

This poem are full of mystical symbology, expressing the author desire to know and be closer to God.


Les changements


« On dirait que le temps a changé ». Ces mots me remplirent de joie, comme si la vie profonde, le surgissement de combinaisons différentes qu’ils impliquaient dans la nature, devait annoncer d’autres changements, ceux-là se produisant dans ma vie, et y créer de possibilités nouvelles. Rien qu’en ouvrant la porte sur le parc avant de partir, on sentait qu’un autre « temps » occupait depuis un instant la scène; des souffles frais, volupté estivale, s’élevaient dans la sapinière (où jadis Mme de Cambremer rêvait de Chopin) et presque imperceptiblement, en méandres caressants, en remous capricieux, commençaient leurs légers nocturnes. »

Marcel Proust: Sodome et Gomorre. Paris (Gallimard, 1988)

Photo: Vue de Paris depuis  l’Institut du monde arabe vers l’île Saint-Louis et Notre Dame de Paris
2011 @Carmen Lobo

Le personnage


« Tout essai repose ainsi, peut-être, sur une vision des objets intellectuels. […] La Fiction relèverait d’un nouvel art intellectuel […] Avec les choses intellectuelles, nous faisons à la fois de la théorie, du combat critique et du plaisir ; nous soumettons les objets de savoir et de dissertation – comme dans tout art – non plus à une instance de vérité, mais à une pensée des effets.

Il aurait voulu produire, non une comédie de l’Intellect, mais son romanesque. »

Roland Barthes par lui-même ( 1975, III, 163-164, 186 )

Photo: Jean Michel Basquiat-  MaM de Paris- Palais de Tokyo

Exposition du 15 octobre 2010- 30 janvier 2011


Êcrire, c’est être avec soi



 « Je t’écris alors que je n’ai pas reçu de lettre de toi, en équilibre entre l’angoisse d’imaginer que, si je ne reçois rien, c’est parce que tu n’envoies rien (et pourquoi n’envoies-tu rien?) et la colère (injuste) devant la lenteur de l’acheminement du courrier en temps de guerre.

Je t’écris parce que c’est impossible de ne pas écrire, impossible de demeurer muet, impossible de ne pas tenter de te rejoindre par les mots, impossible de te chasser de mes pensées et quand ces pensées virent à l’obsession, l’écriture devient un exutoire, une thérapie.

Je t’écris parce que tes lettres mettent davantage de temps à me parvenir que je ne suis capable d’attendre avant de revenir vers toi et qu’ainsi, elles mesurent mon impatience, la montée inexorable de mon impatience.

Je t’écris parce que t’écrire, c’est être avec toi. C’est une tentative de rapprochement, vouée à l’échec si l’on considère qu’une lettre n’a jamais aboli une distance physique, mais peut-être aboutie quand on songe qu’au moment précis de l’écriture, je ne pense qu’à toi, à rien d’autre que cela qui est toi, je suis tout entier tourné vers toi. (…) »

Philippe Besson: » En l’absence des hommes »
 
Photo: un lundi de soleil Hippodrome de Vincennes
2011 @Carmen Lobo

Se perdre …



 » Parfois on éprouve le besoin de fuir, de s’échapper, de se perdre. Mais d’autres fois, on se perd sans le vouloir, au hasard d’un excès. »

« Bonjour Tristesse » est le premier roman de Françoise Sagan, paru en 1954.

Photo: Lac Léman- Montreux, Suisse. 2011 @Carmen Lobo


Mémoire poétique




« Il semble qu’il existe dans le cerveau une zone tout à fait spécifique qu’on pourrait appeler la mémoire poétique et qui enregistre ce qui nous a charmés, ce qui nous a émus, ce qui donne à notre vie sa beauté. »

 Milan Kundera: « L’insoutenable légèreté de l’être »

Photo: Montreux, Suisse. 2010 @Carmen Lobo