by Carmen Lobo

Art

Et j’écoute…




L’ombre est douce et mon maître dort
Coiffé d’un bonnet conique de soie
Et son long nez jaune en sa barbe blanche.
Mais moi, je suis éveillée encor
Et j’écoute au dehors
Une chanson de flûte où s’épanche
Tour à tour la tristesse ou la joie.
Un air tour à tour langoureux ou frivole
Que mon amoureux chéri joue,
Et quand je m’approche de la croisée
Il me semble que chaque note s’envole
De la flûte vers ma joue
Comme un mystérieux baiser.
La flûte enchantée ( Shéhérazade – Maurice Ravel)
Orchestre Crea D’Amsterdam, Bas Pollard – Chef D’orchestre, Karin Strobos – Mezzo-soprano

Concert du 13 juillet 2012 – UNESCO

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Papillons Volants




Le Professeur Jiang Heng, artiste chinois, a remis son oeuvre « Amour de l’Asie, Papillons Volants » à la Directrice générale, Irina Bokova, lors de la cérémonie qui a eu lieu le 10 Juillet 2012 au Siège de l’UNESCO.


Monumenta 2012


Daniel Buren
Monumenta 2012 – Paris
Images © Carmen Lobo


On divague… à l’ombre des mots avec Peter Seelig




Il me racontait sur les différents personnages croisés à Paris
Sartre, Beauvoir.. le Paris d’avant, le Paris nocturne, le temps
ou le gens se parlaient dans la rue…
Lorsqu’il a commencé à parler de son travail, sa passion, j’ai commencé à filmer.
Je ne lui ai rien dit, je ne voulais pas qu’il s’arrête et lui? il
avait tout compris dès la première seconde…

On divague… à l’ombre des mots avec www.peterseelig.com

Merci pour ta bonne humeur
Images © Carmen Lobo


Evening in Paris


« Ce que l’intelligence nous rend sous le nom de passé n’est pas lui. En réalité, comme il arrive pour les âmes des trépassés dans certaines légendes populaires, chaque heure de notre vie, aussitôt morte, s’incarne et se cache en quelque objet matériel. Elle y reste captive, à jamais captive, à moins que nous ne rencontrions l’objet. À travers lui nous la reconnaissons, nous l’appelons, et elle est délivrée. L’objet où elle se cache, ou la sensation, puisque tout objet par rapport à nous est sensation, nous pouvons très bien ne le rencontrer jamais. »

Marcel Proust: Contre Sainte- Beuve

Photo: © Carmen Lobo  – Centre Pompidou –


Là où se pressent


Là où se pressent des maisons courbées

Là où monte le chemin du cimetière
Là où coule un fleuve élargi
Là j’ai rêvé ma vie.

La nuit, il vole un ange dans le ciel
Un éclair blanc sur les toits
Il me prédit une longue, longue route
Il lancera mon nom au-dessus des maisons.

Mon peuple, c’est pour toi que j’ai chanté
Qui sait si ce chant te plaît
Une voix sort de mes poumons
Toute chagrin et fatigue
C’est d’après toi que je peins

Fleurs, forêts, gens et maisons
Comme un barbare je colore ta face
Nuit et jour je te bénis.

MARC CHAGALL – Là où se pressent
Photo: © Carmen Lobo – Paris 8éme – Rue Royale, Vitrines du Magasin Bernardaud et sa collection Marc Chagall


De tout mon cœur



« Yann.
J’espère te voir à la fin de l’après-midi.
De tout mon cœur.
De tout mon cœur. »

Marguerite DURAS – « C’est tout »

Photo:  © Carmen Lobo – « Versus »  de Tony Cragg exposée au musée du Louvre.


« Horizontal » Calder


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« Horizontal » : Un mobile géant de Calder sur le parvis du Centre Pompidou

Entrée dans les collections nationales en dation en 1983, cette scultpture monumentale de six tonnes baptisée « Horizontal » est l’un des derniers grands « stabiles-mobiles » réalisé en France par l’artiste, a précisé le musée dans un communiqué.

Elle était restée dans l’atelier de l’artiste américain en Touraine jusqu’à sa mort en novembre 1976 et avait été présentée pour la première fois en 1983 au Centre Georges Pompidou dans le cadre de l’exposition « oeuvres monumentales de la collection du Musée national d’art moderne ». Elle avait ensuite été installée sur le parvis de la Défense à Paris en 1992 dans le cadre de l’exposition « Les monuments de Calder ».


Croquer la pomme


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« L’existence n’est pas quelque chose qui se laisse penser de loin: il faut que ça vous envahisse brusquement, que ça s’arrête sur vous, que ça pèse lourd sur votre coeur comme une grosse bête immobile -ou alors il n’y a plus rien du tout. »

Jean-Paul Sartre: La Nausée

Photo: « Quatrième Pomme » de Franck Scurti  – Place Clichy – Paris
Ce socle, classé monument historique dédié en hommage au grand philosophe français Charles Fourier. Inaugurée le 20 janvier 2011.


Les changements


« On dirait que le temps a changé ». Ces mots me remplirent de joie, comme si la vie profonde, le surgissement de combinaisons différentes qu’ils impliquaient dans la nature, devait annoncer d’autres changements, ceux-là se produisant dans ma vie, et y créer de possibilités nouvelles. Rien qu’en ouvrant la porte sur le parc avant de partir, on sentait qu’un autre « temps » occupait depuis un instant la scène; des souffles frais, volupté estivale, s’élevaient dans la sapinière (où jadis Mme de Cambremer rêvait de Chopin) et presque imperceptiblement, en méandres caressants, en remous capricieux, commençaient leurs légers nocturnes. »

Marcel Proust: Sodome et Gomorre. Paris (Gallimard, 1988)

Photo: Vue de Paris depuis  l’Institut du monde arabe vers l’île Saint-Louis et Notre Dame de Paris
2011 @Carmen Lobo

La nouvelle image du monde


« Il faut bien connaître l’oeuvre  néoplasticienne pour savoir qu’elle exprime le rythme de la vie, comme toute autre pinture mais dans son aspect le plus intense et le plus éternel »

« De l’art abstrait »  Piet Mondrian (1931)

Photo: Boulevard Haussmann 18h, décoration de Noêl du Printemps Haussmann, un hommage à Piet Mondrian à ma manière, le rouge, le jaune et le bleu,  blanc, noir… Néoplasticisme  signifie « la nouvelle image du monde ».
2010 © Carmen Lobo – All right reserved

Qui d’entre nous sait…


« Qui d’entre nous sait seulement ce qu’il pense, ou ce qu’il désire? Qui sait ce qu’il est pour lui-même? Combien de choses nous sont suggérées par la musique, et nous séduisent par cela même qu’elles ne peuvent exister!  La nuit évoque en nous le souvenir de tant de choses que nous pleurons, sans qu’elles aient jamais été!  Telle une voix s’élevant de cette paix de tout son long étendue, l’enroulement des vagues explose et refroidit, et l’on perçoit une salivation audible, là-bas sur le rivage invisible.”

Fernando Pessoa: “Le livre de l’intranquillité »

Photo:  à l’entrée de la rue de Richelieu, se trouve la fontaine Molière, en face de la Comédie Française est surmontée d’une Nymphe fluviale de Mathurin Moreau avec à la base, une ronde d’enfants, également en bronze de Charles Gauthier. ( en face côté rue Saint Honoré, nous trouvons aussi au sommet, une Nymphe marine de Carrier-Belleuse, un des précurseurs de l’Art nouveau avec à la base une ronde d’enfants de Louis Eudes.)



La nuit … Je prends des trains


(..)La nuit je mens
Je prends des trains
a travers la plaine
La nuit je mens
Je m’en lave les mains.

J’ai dans les bottes
des montagnes de questions
Ou subsiste encore ton écho
J’ai fait la saison
dans cette boite crânienne
Tes pensées, je les faisais miennes
T’accaparer, seulement t’accaparer
d’estrade en estrade
J’ai fait danser tant de malentendus
Des kilomètres de vie en rose
Un jour au cirque
Un autre a chercher a te plaire
dresseur de loulous
Dynamiteur d’aqueducs

La nuit je mens
Je prends des trains a travers la plaine
La nuit je mens
effrontément

Alain Bashung: La nuit je mens

Photo: La Bibliothèque nationale de France: François Mitterrand- Métro Linea 6 : Quai de la Gare
2010 © Carmen Lobo – All right reserved

Là où tu n’es pas …


« Savoir qu’on n’écrit pas pour l’autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j’aime, savoir que l’écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu’elle est précisément là où tu n’es pas – c’est le commencement de l’écriture. »
Roland Barthes: Fragments d’un discours amoureux (1977)

Photo:  Alice dans le miroir (1933) – 162 x 112 cm – Balthus
Paris-  Musée national d’art moderne: Centre Georges Pompidou

© Carmen Lobo- All right reserved


Un journal visuel


« Ma photographie est vraiment un journal intime visuel […]. C’est un outil, pour donner une expression à ma vie, pour décrire ma vie, tout comme des poètes ou des écrivains décrivent les expériences qu’ils ont vécues ».

André Kertész (1894-1985)

Photo: « Printemps Loves New York »  vitrines du grand magasin parisien Printemps Haussmann, un King Kong colossal de 4 mètres de haut trône à l’entrée du magasin avec un pinceau rose !

© Carmen Lobo- All right reserved


Le Poème pulvérisé


J’habite une douleur

Ne laisse pas le soin de gouverner ton coeur à ces tendresses parentes de l’automne auquel elles empruntent sa placide allure et son affable agonie. L’oeil est précoce à se plisser. La souffrance connaît peu de mots. Préfère te coucher sans fardeau: tu rêveras du lendemain et ton lit te sera léger. Tu rêveras que ta maison n’a plus de vitres. Tu es impatient de t’unir au vent, au vent qui parcourt une année en une nuit. D’autres chanteront l’incorporation mélodieuse, les chairs qui ne personnifient plus que la sorcellerie du sablier. Tu condamneras la gratitude qui se répète. Plus tard, on t’identifiera à quelque géant désagrégé, seigneur de l’impossible.

Pourtant.

Tu n’as fait qu’augmenter le poids de ta nuit. Tu es retourné à la pêche aux murailles, à la canicule sans été. Tu es furieux contre ton amour au centre d’une entente qui s’affole. Songe à la maison parfaite que tu ne verras jamais monter. A quand la récolte de l’abîme? Mais tu as crevé les yeux du lion. Tu crois voir passer la beauté au-dessus des lavandes noires…

Qu’est-ce qui t’a hissé, une fois encore, un peu plus haut, sans te convaincre?

Il n’y a pas de siège pur.

René Char :  Le Poème pulvérisé (1945)

Photo: Cité Chaillot, Cité de l’architecture et du patrimoine
© Carmen Lobo- All right reserved

Un sens…


« L’être humain trouve son salut à travers et dans l’amour. »

Victor Frankl:  » Découvrir un sens à sa vie »

Photo: « Gloria Victis » : Gloire aux vaincus
Antonin Mercié (Toulouse, 1845 – Paris, 1916)
Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

La Gloire, ailée et cuirassée, emporte un jeune guerrier nu, mourant, le front ceint d’un bandage, un sabre brisé au poing. C’est là une image de la France défaite mais héroïque (guerre Franco-Prussienne de 1870)

© Carmen Lobo- All right reserved


Un univers de formes


Premières impressions de Paris
«J’y découvrais la lumière, la couleur, la liberté, le soleil, la joie de vivre. C’est dès mon arrivée que j’ai enfin pu exprimer dans mon oeuvre la joie plutôt lunaire que j’avais parfois connue en Russie, celle de mes souvenirs d’enfance de Vitebsk. Je n’avais jamais voulu peindre comme les autres et je rêvais d’un art qui serait nouveau et différent. À Paris, j’eus enfin la vision de ce que voulais créer, l’intuition d’une nouvelle dimension psychique dans mon art. Non pas que ne me cherchais un moyen d’expression, dans un style essentiellement latin comme celui d’un Courbet. Non, ma peinture n’est pas un art de self-expression, ni un art littéraire, mais quelque chose de construit, un univers de formes.»

Edouard Roditi: «Entretiens avec Chagall», in Propos sur l’art, José Corti, 1987

Photo: Collège des  Bernardins Paris
Exposition  » Le pensateur et la Grâce: abstractions et spiritualité »  Jusqu’au 12 septembre 2010
© Carmen Lobo- All right reserved

Concerto


 

« …le plaisir du jazz se trouve dans la reconnaissance de la citation non comme un fragment mort du passé, non comme une occurrence indifférente mais comme un élément vivant de la nouvelle composition. Écouter du jazz c’est se souvenir du jazz écouté ; faire du jazz c’est présupposer la potentialité esthétique de ce souvenir.  »

Beatriz Sarlo: “Posbenjaminiana”

« Concerto ou Les Musiciennes » 1927
Musée Ossip Zadkine Paris
© Carmen Lobo- All right reserved

Fernando Pessoa


L’art nous délivre de façon illusoire, de cette chose sordide qu’est le fait d’exister…
En art, il n’y a pas de désillusion, car l’illusion s’est vue admise dés le début. 

Le plaisir que l’art nous offre ne nous appartient pas, à proprement parler :
nous n’avons donc à le payer ni par des souffrances, ni par des remords…

Par le mot art, il faut entendre tout ce qui est cause de plaisir sans pour autant nous appartenir : la trace d’un passage, le sourire offert à quelqu’un d’autre, le soleil couchant, le poème, l’univers objectif.

Posséder c’est perdre.
Sentir sans posséder, c’est conserver, parce que c’est extraire de chaque chose son essence.

Fernando Pessoa

Photo: Musée de l’Orangerie – Les Nymphéas
© Carmen Lobo – All right reserved