by Carmen Lobo

Paris

Oscar Niemeyer : Souvenirs d’une France


 

J’étais toujours attiré dès ma jeunesse, par les sculptures grecques et égyptiennes, La Victoire de Samothrace; j’aime les œuvres de Henri Moore et Heepworth, la pureté de Brancusi, les belles femmes de Despiau et de Maillol, les illustrations dégingandées de Giacometti. »
OSCAR NIEMEYER

« Souvenirs d’une France »

Downtown Gallery – Paris 

 

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« Il n’est pas à la beauté d’autre origine que la blessure, singulière, différente pour chacun, cachée ou visible, que tout homme garde en soi, qu’il préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde pour une solitude temporaire mais profonde. Il y a donc loin de cet art à ce qu’on nomme le misérabilisme. L’art de Giacometti me semble vouloir découvrir cette blessure secrète de tout être et même de toute chose, afin qu’elle les illumine. »

Jean Genet, L’atelier d’Alberto Giacometti

Photo: Walking Man I by Alberto Giacometti – UNESCO Paris


La Tendenza




LA TENDENZA
ARCHITECTURES ITALIENNES 1965-1985
La Tendenza, mouvement international fondateur de l’architecture de l’après-guerre, venu d’Italie, et dont Aldo Rossi fut le chef de file.« Tendenza », le mot est équivoque. Il cherchait à définir un nouveau mouvement, un groupement d’architectes interpellant la mémoire et l’histoire de leur discipline conçue comme un domaine spécifique et autonome. « Tendenza » pour « tendance », une simple réorientation pour refuser la notion d’avant-garde et d’utopie, pour initier une architecture politique et critique en prise avec le réel. Ce retour sur un langage transhistorique propre à l’architecture, cette reconnaissance du « postmodernisme » érigé en un phénomène culturel mondial, s’affirme avec l’image du « Teatro del Mondo », ce pavillon de bois, théâtre flottant sur le Grand Canal, et à travers la fameuse exposition « la Strada Novissima » dans la corderie de l’Arsenal de Venise, lors de la Biennale d’architecture de 1980. Après la publication, en 1979, de La Condition postmoderne de Jean-François Lyotard, l’exposition semblait accompagner la crise du modernisme, l’épuisement des discours réductionnistes et puristes du rationalisme architectural hérité des avant-gardes, pour introduire un nouveau regard spéculatif sur l’histoire. Érigé en véritable style par le monde anglo-saxon, le postmodernisme, objet de tous les débats universitaires touchant aussi bien l’esthétique, le politique, que toutes les sociologies du monde contemporain, marque la scène artistique, brouillant les hiérarchies entre culture dominante et culture populaire, multipliant les références à l’histoire en une débauche de signes et de simulacres.

Centre George Pompidou Paris


Une sorte de poème d’amour



Qui te désire
quand je te désire

Qui te caresse
quand ma main te cherche ?

Est-ce moi
ou les vestiges de ma jeunesse ?

Est-ce moi
ou les prémices de ma vieillesse ?
Est-ce ma rage de vivre
ou ma peur de la mort ?
Et pourquoi mon désir
devrait-il avoir du sens pour toi ?
Et que t’apporte mon expérience
qui n’a fait que m’attrister ?
Et que t’apportent mes poèmes
où je ne fais que dire
combien c’est devenu difficile
de donner ou d’exister ?
Et pourtant dans le jardin au vent
le soleil brille avant la pluie
et l’air embaume l’herbe agonisante
et le troène
et je te regarde et
ma main part à ta recherche.

Erich Fried: « Es ist was es ist » – Berlin, Verlag Klaus Wagenbach, 1983
Photo © Carmen Lobo


Vivre à contretemps




Mon passe-temps favori, c’est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre mon temps, perdre mon temps, vivre à contretemps.
Réponses (1974) Françoise Sagan

Photo © Carmen Lobo


Papillons Volants




Le Professeur Jiang Heng, artiste chinois, a remis son oeuvre « Amour de l’Asie, Papillons Volants » à la Directrice générale, Irina Bokova, lors de la cérémonie qui a eu lieu le 10 Juillet 2012 au Siège de l’UNESCO.


Piazzolla plays Piazzolla



A l’occasion du 20ème anniversaire de la mort d’Astor Piazzolla, les Scènes d’été du Parc de la Villette rendre hommage à celui qui fut, le précurseur du tango d’avant-garde.

Escalandrum concert
Piazzolla plays Piazzolla – Daniel Pipi Piazzolla

Paris, 8 juillet 2012
Photo © Carmen Lobo


L’éternité


“L’éternité, c’est long … surtout vers la fin.”
Franz Kafka


Le Voyage




« Dites, qu’avez-vous vu ? »

Johannes Maria Staud, jeune compositeur décisif de l’Autriche d’aujourd’hui, met le cap sur la « Terra Nova » de l’électronique en s’emparant de l’interrogation fondatrice de Baudelaire qu’il met en musique. Mêlé aux voix des Cris de Paris et au lyrisme des solistes de l’Ensemble intercontemporain, l’acteur Marcel Bozonnet conduit ce monologue intérieur jusqu’à l’ultime étape, « Au fond de l’Inconnu, pour trouver du nouveau».

IRCAM* / Centre Pompidou
Images © Carmen Lobo

*IRCAM: Musical research Institut of France, is a European institute for science about music and sound and avant garde electro-acoustical art music.


Monumenta 2012


Daniel Buren
Monumenta 2012 – Paris
Images © Carmen Lobo


On divague… à l’ombre des mots avec Peter Seelig




Il me racontait sur les différents personnages croisés à Paris
Sartre, Beauvoir.. le Paris d’avant, le Paris nocturne, le temps
ou le gens se parlaient dans la rue…
Lorsqu’il a commencé à parler de son travail, sa passion, j’ai commencé à filmer.
Je ne lui ai rien dit, je ne voulais pas qu’il s’arrête et lui? il
avait tout compris dès la première seconde…

On divague… à l’ombre des mots avec www.peterseelig.com

Merci pour ta bonne humeur
Images © Carmen Lobo


Orphée chante !




Or, un arbre monta, pur élan, de lui-même.
Orphée chante ! Quel arbre dans l’oreille !
Et tout se tut. Mais ce silence était
lui-même un renouveau : signes, métamorphose…

Sonnets à Orphée (1922) Rainer Maria Rilke
Photo: Paris 7eme- Les Invalides © Carmen Lobo


Nous côtoyons la fleur…



Nous côtoyons la fleur, le fruit, la vigne,
et la saison n’est pas leur seul langage.
De l’ombre monte une évidence coloriée
qui a l’éclat, peut-être, de la jalousie

des morts dont se nourrit la terre.
Mais savons-nous quel est leur rôle en tout cela ?
Depuis longtemps c’est leur manière
de traverser le sol de cette libre moelle.

Sonnets à Orphée (1922) Rainer Maria Rilke
Photo My orchidée © Carmen Lobo


Un monde meilleur…




Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde.

Jean Lefèvre
Photo: Paris – La Concorde


Je verrai




« Je verrai l’hirondelle raser l’herbe. Je me jetterai au bord de la rivière et je regarderai le poisson plonger et reparaître dans les roseaux. J’aurai les paumes des mains marquées par les aiguilles de pin. Je déferai, j’ôterai ce qui s’est formé ; la dureté d’ici. Car quelque chose a grandi en moi, au fil des hivers et des étés, sur les escaliers, dans les chambres. Je ne veux pas être admirée comme Jinny. Quand j’arrive, je ne veux pas que les gens lèvent les yeux avec admiration. Je veux donner, qu’on me donne, je veux la solitude, et découvrir ce que j’ai. »

Virginie Woolf – Les vagues
Photo: Paris – Canal de l’Ourcq


Nostalgie




La pensée d’un homme est avant tout sa nostalgie. …
Albert Camus

Photo: Montmartre – Restaurant Moulin de la Galette (1622)


Un peu d’éternité




« Moi, j’ai compris très tôt qu’une vie, ça passe en un rien de temps,
en regardant les adultes autour de moi, si pressés, si stressés par l’échéance,
si avides de maintenant pour ne pas penser à demain… Mais si on redoute le lendemain,
c’est parce qu’on ne sait pas construire le présent, on se raconte qu’on le pourra demain
et c’est fichu parce que demain finit toujours par devenir aujourd’hui, vous voyez?
Donc, il ne faut surtout pas oublier tout ça. Il faut vivre avec cette certitude
que nous vieillirons et que ce ne sera pas beau, pas bon, pas gai. Et se dire que
c’est maintenant qui importe: construire maintenant, quelque chose, à tout prix,
de toutes ses forces. Gravir pas à pas son Everest à soi et le faire
de telle sorte que chaque pas soit un peu d’éternité. Le futur, ça sert à ça: à
construire le présent avec de vrais projets de vivants. »

L’élégance du hérisson, Muriel Barbery
Salon du livre 2012 (16-19 mars)


Mémoire




« Qu’est-ce d’ailleurs encore que la mémoire (ou plus simplement: le passé) sinon un vaste système de rencontres? »

Jean-Pierre Richard: Proust et le monde sensible – Paris, Seuil – 1974

© Carmen Lobo – (avec Androide) -Paris 7éme


Sur la nuit



« Sur l’amour on avait écrit
Sortie de secours interdite en cas d’incendie
Sur le ciel on avait écrit
Vous vous trompez ce n’est pas ici
Et sur la nuit on avait écrit
On n’avait rien écrit sur la nuit. »

« Sur la nuit » Louis Aragon – Le mouvement pérpetuel


Miracles



Why, who makes much of a miracle?
As to me I know of nothing else but miracles,
Whether I walk the streets of Manhattan,
Or dart my sight over the roofs of houses toward the sky,
Or wade with naked feet along the beach just in the edge
of the water, 
Or stand under trees in the woods,
Or talk by day with anyone I love, or sleep in the bed
at night with anyone I love,
Or sit at the table at dinner with the rest,
Or look at strangers opposite me riding in the car,
Or watch honeybees busy around the hive
of a summer forenoon, 
Or animals feeding in the fields,
Or birds, or the wonderfulness of insects in the air,
Or the wonderfulness of the sundown, or of stars shining
so quiet and bright,
Or the exquisite delicate thin curve of the new moon
in spring;
These with the rest, one and all, are to me miracles,
The whole referring, yet each distinct and in its place.
To me every hour of the light and dark is a miracle,
Every cubic inch of space is a miracle,
Every square yard of the surface of the earth is spread
with the same,
Every foot of the interior swarms with the same.
To me the sea is a continual miracle,
The fishes that swim-the rocks-the motion of the waves
-the ships with men in them,
What stranger miracles are there?

Miracles - Walt Whitman


Photo: © Carmen Lobo – Jardins des Tuileries –