by Carmen Lobo

Rainer Maria Rilke

La surface




« Est-il possible qu’en dépit de toutes les inventions et de tous les progrès, qu’en dépit de la civilisation, de la religion, de la philosophie, on en soit resté à la surface de la vie ? Est-il possible qu’on ait encore recouvert cette superficie, qui était du moins quelque chose, d’une étoffe incroyablement ennuyeuse, qui la fait ressembler à des meubles de salon pendant les vacances d’été?

Oui, c’est possible. »

Rainer Maria Rilke: « Les Carnets de Malte »
Laurids Brigge ( Paris, Gallimard, 1991)


Orphée chante !




Or, un arbre monta, pur élan, de lui-même.
Orphée chante ! Quel arbre dans l’oreille !
Et tout se tut. Mais ce silence était
lui-même un renouveau : signes, métamorphose…

Sonnets à Orphée (1922) Rainer Maria Rilke
Photo: Paris 7eme- Les Invalides © Carmen Lobo


Nous côtoyons la fleur…



Nous côtoyons la fleur, le fruit, la vigne,
et la saison n’est pas leur seul langage.
De l’ombre monte une évidence coloriée
qui a l’éclat, peut-être, de la jalousie

des morts dont se nourrit la terre.
Mais savons-nous quel est leur rôle en tout cela ?
Depuis longtemps c’est leur manière
de traverser le sol de cette libre moelle.

Sonnets à Orphée (1922) Rainer Maria Rilke
Photo My orchidée © Carmen Lobo


The Book of Image




“I’m like one who’s traveled foreign oceans
among these so eternally at home;
the full days stand rote at their tables:
for me the distant roils with dreams.

Deep inside my face a world reaches,
maybe uninhabited like the moon;
but they leave no feeling unexplored,
and all their words are taken.”

Rainer Maria Rilke,  from “The Solitary”,  in The Book of Image

© Carmen Lobo – Centre Pompidou view


Lettres à un jeune poète


« L’ amour, c’est l’occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l’amour de l’ être aimé.  C’est une haute exigence, une ambition sans limite, qui fait de celui qui aime un élu qu’appelle le large. »
« Lettres à un jeune poète (1929) »
Rainer Maria Rilke

Photo: Un dimanche à Paris …
© Carmen Lobo- All right reserved

Le chat noir


le chat noir

Un fantôme est encore comme un lieu
où ton regard se heurte contre un son;
mais contre ce pelage noir
ton regard le plus fort est dissout:

Rainer Maria Rilke: Le Chat noir

Photo: Châtelet- Les Halles
© Carmen Lobo