by Carmen Lobo

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Oscar Niemeyer : Souvenirs d’une France


 

J’étais toujours attiré dès ma jeunesse, par les sculptures grecques et égyptiennes, La Victoire de Samothrace; j’aime les œuvres de Henri Moore et Heepworth, la pureté de Brancusi, les belles femmes de Despiau et de Maillol, les illustrations dégingandées de Giacometti. »
OSCAR NIEMEYER

« Souvenirs d’une France »

Downtown Gallery – Paris 

 





« Il n’est pas à la beauté d’autre origine que la blessure, singulière, différente pour chacun, cachée ou visible, que tout homme garde en soi, qu’il préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde pour une solitude temporaire mais profonde. Il y a donc loin de cet art à ce qu’on nomme le misérabilisme. L’art de Giacometti me semble vouloir découvrir cette blessure secrète de tout être et même de toute chose, afin qu’elle les illumine. »

Jean Genet, L’atelier d’Alberto Giacometti

Photo: Walking Man I by Alberto Giacometti – UNESCO Paris


Et j’écoute…




L’ombre est douce et mon maître dort
Coiffé d’un bonnet conique de soie
Et son long nez jaune en sa barbe blanche.
Mais moi, je suis éveillée encor
Et j’écoute au dehors
Une chanson de flûte où s’épanche
Tour à tour la tristesse ou la joie.
Un air tour à tour langoureux ou frivole
Que mon amoureux chéri joue,
Et quand je m’approche de la croisée
Il me semble que chaque note s’envole
De la flûte vers ma joue
Comme un mystérieux baiser.
La flûte enchantée ( Shéhérazade – Maurice Ravel)
Orchestre Crea D’Amsterdam, Bas Pollard – Chef D’orchestre, Karin Strobos – Mezzo-soprano

Concert du 13 juillet 2012 – UNESCO


Escalandrum en Paris



 « Escualo » : Piazzolla plays Piazzolla

Le répertoire de Piazzolla revisité, tout en conservant son esprit!  Seulement les grands musiciens pouvent faire ça!  Daniel Pipi Piazzolla l’a fait, les chanson du grand maestro sont devenues plus « jazzy »  avec une touche de saxo et batterie hallucinantes, le résultat? à tomber par terre!

( i’m an ASTORnaut ^-^)

Escalandrum concert
Piazzolla plays Piazzolla – Daniel Pipi Piazzolla

Paris, 8 juillet 2012


Piazzolla plays Piazzolla



A l’occasion du 20ème anniversaire de la mort d’Astor Piazzolla, les Scènes d’été du Parc de la Villette rendre hommage à celui qui fut, le précurseur du tango d’avant-garde.

Escalandrum concert
Piazzolla plays Piazzolla – Daniel Pipi Piazzolla

Paris, 8 juillet 2012
Photo © Carmen Lobo


L’éternité


“L’éternité, c’est long … surtout vers la fin.”
Franz Kafka


Histoire secrète du costume mongol – UNESCO Paris




Les costumes mongols et l’art traditionnel de leur confection sont répertoriés depuis 2010 sur la Liste nationale représentative du patrimoine culturel immatériel de la Mongolie. Et ce patrimoine caractéristique de l’identité mongole, mêlant histoire, tradition et créativité, continue d’inspirer ce peuple nomade.
Les modes de vie du « pays du ciel bleu » seront incarnés lors de ce défilé spectacle où seront présentés plus de 150 costumes ainsi que les codes vestimentaires rattachés. Pluralité des modèles, des tissus, des cuirs et fourrures, des couleurs et des ornements symboliques, adaptés selon les situations de la vie nomade, les saisons, les célébrations, l’âge, l’état civil, le groupe ethnique ou l’éloge de certaines valeurs.
Aussi, le Biyelgee mongol (danse populaire), la musique traditionnelle du Morin Khuur (violon à deux cordes) et les danses rituelles et chamaniques du Tsam accompagneront ce voyage au cœur de la culture mongole et de son patrimoine immatériel.


Monumenta 2012


Daniel Buren
Monumenta 2012 – Paris
Images © Carmen Lobo


On divague… à l’ombre des mots avec Peter Seelig




Il me racontait sur les différents personnages croisés à Paris
Sartre, Beauvoir.. le Paris d’avant, le Paris nocturne, le temps
ou le gens se parlaient dans la rue…
Lorsqu’il a commencé à parler de son travail, sa passion, j’ai commencé à filmer.
Je ne lui ai rien dit, je ne voulais pas qu’il s’arrête et lui? il
avait tout compris dès la première seconde…

On divague… à l’ombre des mots avec www.peterseelig.com

Merci pour ta bonne humeur
Images © Carmen Lobo


Je verrai




« Je verrai l’hirondelle raser l’herbe. Je me jetterai au bord de la rivière et je regarderai le poisson plonger et reparaître dans les roseaux. J’aurai les paumes des mains marquées par les aiguilles de pin. Je déferai, j’ôterai ce qui s’est formé ; la dureté d’ici. Car quelque chose a grandi en moi, au fil des hivers et des étés, sur les escaliers, dans les chambres. Je ne veux pas être admirée comme Jinny. Quand j’arrive, je ne veux pas que les gens lèvent les yeux avec admiration. Je veux donner, qu’on me donne, je veux la solitude, et découvrir ce que j’ai. »

Virginie Woolf – Les vagues
Photo: Paris – Canal de l’Ourcq


Deux amis




En certains jours, ils ne parlaient pas. Quelquefois ils causaient; mais ils s’entendaient admirablement sans rien dire, ayant des goûts semblables et des sensations identiques.

Au printemps, le matin, vers dix heures, quand le soleil rajeuni faisait flotter sur le fleuve tranquille cette petite buée qui coule avec l’eau, et versait dans le dos des deux enragés pêcheurs une bonne chaleur de saison nouvelle, Morissot parfois disait à son voisin: « Hein! quelle douceur! » et M. Sauvage répondait: « Je ne connais rien de meilleur. » Et cela leur suffisait pour se comprendre et s’estimer.

Guy de MAUPASSANT, Deux amis
Photo Montmartre at noon (april)


Rendez-vous




« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous »

Paul Eluard

© Carmen Lobo


Sur la nuit



« Sur l’amour on avait écrit
Sortie de secours interdite en cas d’incendie
Sur le ciel on avait écrit
Vous vous trompez ce n’est pas ici
Et sur la nuit on avait écrit
On n’avait rien écrit sur la nuit. »

« Sur la nuit » Louis Aragon – Le mouvement pérpetuel


Miracles



Why, who makes much of a miracle?
As to me I know of nothing else but miracles,
Whether I walk the streets of Manhattan,
Or dart my sight over the roofs of houses toward the sky,
Or wade with naked feet along the beach just in the edge
of the water, 
Or stand under trees in the woods,
Or talk by day with anyone I love, or sleep in the bed
at night with anyone I love,
Or sit at the table at dinner with the rest,
Or look at strangers opposite me riding in the car,
Or watch honeybees busy around the hive
of a summer forenoon, 
Or animals feeding in the fields,
Or birds, or the wonderfulness of insects in the air,
Or the wonderfulness of the sundown, or of stars shining
so quiet and bright,
Or the exquisite delicate thin curve of the new moon
in spring;
These with the rest, one and all, are to me miracles,
The whole referring, yet each distinct and in its place.
To me every hour of the light and dark is a miracle,
Every cubic inch of space is a miracle,
Every square yard of the surface of the earth is spread
with the same,
Every foot of the interior swarms with the same.
To me the sea is a continual miracle,
The fishes that swim-the rocks-the motion of the waves
-the ships with men in them,
What stranger miracles are there?

Miracles - Walt Whitman


Photo: © Carmen Lobo – Jardins des Tuileries –


No Exit




“Ha! To forget. How childish! I feel you in my bones. Your silence screams in my ears. You may nail your mouth shut, you may cut out your tongue, can you keep yourself from existing? Will you stop your thoughts?”

Jean-Paul Sartre: No Exit (Huis-clos)


Se découvrir soi-même



« Les relations sont sûrement le miroir dans lequel on se découvre soi-même ».

Jiddu Krishnamurti (écrivain et philosophe indien, 1895-1986)

Photo: © Carmen Lobo – Paris 7éme


C’est tout


Je n’ai pas dit le principal sur sa personne, son âme, ses pieds,
ses mains, son rire.
Le principal pour moi, c’est de laisser son regard quand il est seul.
Quand il est dans le désordre de la pensée.
Il est trés beau. C’est difficile à savoir.
Si je commence à parler de lui, je ne m’arrête plus.
Ma vie est comme incertaine, plus incertaine, oui, que la sienne a lui devant moi.

Marguerite DURAS – « C’est tout »

Photo:  © Carmen Lobo – Palais Royal


Maria Kodama


 


« If you have feelings about reading, you feel the rhythm of prose or of a poem like music. It awakens something in your soul and then of course you study, read, you grow up and you begin to understand the message and that is the first step towards understanding life. »

Maria Kodama: épouse de Jorge Luis Borges ( 25 mai 2011 à l’ Ambassade de la République Argentine en France)
Photo: © Carmen Lobo


Je ne te sais pas …



« Il ne serait possible “d’aimer” ce que l’on connaîtrait complètement.
L’amour s’adresse à ce qui est caché dans son objet. L’amoureux pressent le nouveau : il réfléchit du nouveau sur toute chose. Les sensations propres de l’amour sont en dehors des lois de l’accoutumance. Elles ne peuvent jamais passer à l’inaperçu. –Ce qui est « aimé » est, par définition, en quelque manière inconnu. Je t’aime, donc, je ne te sais pas. –Donc je te bâtis – je te fais ; et tu te défais. Je fais ma demeure, ma toile, mon nid, un tissu d’images pour y vivre, pour y cacher ce que je crois avoir trouvé, pour me cacher de moi. »

Paul Valéry:  Cahiers II

Photo: © Carmen Lobo – Cet  après-midi, 26°C, L’église St Sulpice


Dialogue




Le jour la solitude me protège,
Mon bouclier, dans la nuit, c’est l’angoisse.

Dans mon ombre je scelle ta pensée,
Son écrin est une âme d’enfant.

L’instant de la première rencontre est passé,
Ton bref retour le lendemain
M’a comme enfouie sous un tertre de siècles.

« Solitude »
Giuseppe Ungaretti (1888-1970) : Dialogue (1968)

Photo: © Carmen Lobo –  Musée du Quai Branly