by Carmen Lobo

Archives de octobre, 2010

Aimer s’apprend en aimant


Le monde est grand
et tient dans cette fenêtre sur la mer.

La mer est grande
et tient dans le lit et la couche où s’aimer.

L’amour est grand
et tient dans le bref espace du baiser

Carlos Drummond de Andrade :  » Aimer s’apprend en aimant  »

Photo: Étretat, Haute-Normandie – France
© Carmen Lobo- All right reserved
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Là où tu n’es pas …


« Savoir qu’on n’écrit pas pour l’autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j’aime, savoir que l’écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu’elle est précisément là où tu n’es pas – c’est le commencement de l’écriture. »
Roland Barthes: Fragments d’un discours amoureux (1977)

Photo:  Alice dans le miroir (1933) – 162 x 112 cm – Balthus
Paris-  Musée national d’art moderne: Centre Georges Pompidou

© Carmen Lobo- All right reserved


L’art de la flânerie


« j’en suis venu à la conclusion que celui qui ne trouve pas l’univers entier dans sa ville ne trouvera jamais une rue originale où que ce soit dans le monde. »

Roberto Arlt

« Eaux-fortes de Buenos Aires »: désignent les chroniques publiées par Roberto Arlt dans le journal El Mundo entre 1928 et 1933.

L’art de la flânerie*:

Arlt cultive son oisiveté en se promenant dans les rues de la ville, éternel piéton. Il y a cependant deux types de piétons : le flâneur et le passant. Pour un passant, il s’agit d’aller d’un endroit à un autre. Pour lui le trajet n’est rien, il n’est qu’un moyen. Le flâneur, lui, ne va nulle part, la finalité de sa marche, c’est le trajet. La caractéristique du flâneur est par conséquent sa disponibilité.

Le flâneur est un voyeur. Son regard sur le monde n’est pas utilitariste, il est esthétique. Il est le seul dans la ville à pouvoir contempler son environnement. Il a le temps, il le maîtrise et c’est pourquoi il peut s’émerveiller d’un rien, d’une conversation dans le tramway, d’une file de chômeurs. Il y a une poésie de l’ordinaire qu’il est le seul à percevoir. Tout est source d’émerveillement : des maisons restées en chantier à cause de la crise économique, le public des cabarets miteux, etc. Il n’y a que pour le flâneur qu’une « fenêtre éclairée dans la nuit grandissante est une histoire que personne n’a encore écrite ». Le flâneur est le maître du temps et il s’en sert pour rêver ou pour s’amuser dans un monde devenu bien trop sérieux. Le flâneur se promène dans sa ville, un microcosme rendant tout voyage superfétatoire.

Photo:  Port de l’Arsenal- La Bastille, Paris
© Carmen Lobo- All right reserved

L’harmonie


 

 

  « Les angoisses de l’amour, les interrogations de l’esprit, les sourdes inquiétudes de la chair s’harmonisent à ces moments-là comme les couleurs et les formes d’un tableau de Vermeer. »

Marguerite Yourcenar: Quoi? L’Éternité. Paris
Photo: Terrasse panoramique du Printemps Haussmann – Paris
© Carmen Lobo- All right reserved

Un retour sur soi


« Notre voyage spirituel ne consiste pas à atteindre une destination pour obtenir quelque chose que nous ne possédions pas ou devenir une personne que nous n’étions pas. Il consiste à dissiper notre propre ignorance vis-à-vis de nous-même et de notre existence, et à assimiler progresivement cette compréhension qui marque le début de l’éveil spirituel. La découverte de Dieu est ainsi un retour sur soi. »

Aldous Huxley

Photo:  La Liberté éclairant le monde plus connue sous le nom de statue de la Liberté, pont de Grenelle,  île des Cygnes. Paris


Léger


Léger, léger, très léger,
Un vent très léger vient passer,
Puis s’en va, toujours très léger.
Et moi, je ne sais ce que je pense
Et ne cherche pas à le savoir.

Fernando Pessoa

Photo Pont Mirabeau – L’île des Cygnes, Paris
© Carmen Lobo- All right reserved

Un journal visuel


« Ma photographie est vraiment un journal intime visuel […]. C’est un outil, pour donner une expression à ma vie, pour décrire ma vie, tout comme des poètes ou des écrivains décrivent les expériences qu’ils ont vécues ».

André Kertész (1894-1985)

Photo: « Printemps Loves New York »  vitrines du grand magasin parisien Printemps Haussmann, un King Kong colossal de 4 mètres de haut trône à l’entrée du magasin avec un pinceau rose !

© Carmen Lobo- All right reserved